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Terre de saveurs Une
terre de saveurs L'agriculture locale se partage entre l'exploitation du lait et
celle du bois. Les pâturages gras, dont les parfums influencent
le goût des fromages, profitent à l'élevage
des vaches montbéliardes. Le berceau de cette race renommée
se situe aux Fins. Les forêts procurent des senteurs, des
arômes - notamment avec les sapins, épicéas
et genévriers - qui s'exhalent lors de la combustion du bois
fumant les salaisons dans les cheminées. La rudesse des hauts plateaux et de la moyenne montagne a privilégié
les plats nourrissants, imaginés avec des produits locaux
et authentiques. Ainsi la charcuterie de qualité préparée
patiemment dans les fermes à tué comme la savoureuse
saucisse de Morteau (sous label) ou le jambon, le
comté, le Mont d'or ou le Morbier sur les
plateaux de fromage, sont autant de produits qui illustrent le savoir-vivre
régional. Les recettes inventives ne manquent pas pour satisfaire
pleinement les papilles des gourmets. La
saucisse de Morteau Charnue, à la peau brune et dorée, elle est la première
composition agro-alimentaire à obtenir, en 1978, un label
régional. Pour être estampillée, il lui faut
être fabriquée en zone de moyenne montagne (au dessus
de 600 mètres d'altitude), sur le secteur de Mouthe à
Maîche et à base de porcs exclusivement engraissés
en Franche-Comté. Elle doit comporter du "gras"
et du "maigre" qui sont malaxés dans un pétrin,
et auxquels sont ajoutés sucre, salpêtre et poivre. Elle est associée aux hautes et pyramidales cheminées
des fermes de montagne (jusqu'à 18 mètres !)
où la viande de porc est conservée et fumée
pendant plus de 48 heures. Deux mille tonnes sont ainsi préparées
en respectant les règles drastiques et ancestrales de fabrication.
Elle fait bon ménage avec le jambon fumé, la palette,
le lard, la noix et la poitrine de porc ainsi que le bresi, viande
de boeuf séché, proche de celle des Grisons. Le jambon fumé du Haut Doubs Entier ou sans os, frotté au sel sec dans des salles où
la température ne dépasse pas 8°, ce jambon est
également labellisé. Neuf mois sont indispensables
pour le parer, le saler, le fumer aux résineux à 1,5
mètre du foyer sans flamme, et le sécher. Pesant près
de 7 kilogrammes, sa chair est rouge sombre, voire noire, entourée
de sa couenne couleur rouille. Le Comté À partir du 13ème siècle la transformation du lait en fromage
se fait dans des fruitières autrefois appelées "fructeries".
La fabrication de 401 kilogrammes de Comté nécessite
400 litres de lait cru, chauffé pour être caillé
puis tranché en petits fragments avant d'être mis dans
un moule qui lui donnera sa forme. En le retournant, le frottant
et le salant chaque jour, le fromager assure la maturation de la
meule en cave d'affinage durant une période de 6 à
12 mois. Aujourd'hui 50 000 tonnes annuelles placent le Comté
en première production AOC de l'Hexagone. Ce produit est
dégusté en France et à l'étranger. Les apéritifs anisés Interdite depuis 1915 après avoir été accusée
d'être à l'origine de "ravages", l'absinthe,
distillée avec l'anis vert, a longtemps fait la réputation
du Doubs, la légende allant prétendre que Pontarlier
était devenue plus connue que Paris ! D'autres alcools
lui ont succédé comme le "pont", apéritif
racé de la Franche-Comté. La
gentiane Trouvée à l'état sauvage avec sa tige épaisse,
la gentiane jaune est très présente dans les pâturages
et fleurit à plus de 600 mètres d'altitude. Cueillie
en septembre, ses racines broyées fermentent avant de rejoindre
l'alambic et de se transformer en eau-de-vie. Quinze kilos permettront
de produire un litre de cet alcool emblématique et cher au
coeur des franc-comtois. Chocolaterie Klaus Fondée en 1856 au Locle, de l'autre côté de
la frontière helvétique, la maison Klaus est arrivée
à Morteau en 1930. Les délices produits aujourd'hui
par la quarantaine d'employés sont régulièrement
adaptés aux envies de la clientèle. En plus des chocolats
fourrés à la liqueur ou au whisky, deux spécialités
ont récemment enrichi la palette offerte aux gourmands :
la "tsarine", mini-buchette en chocolat qui accompagne
facilement le café dans de nombreux restaurants de France,
le caramel à la confiture de lait ou à la sève
de sapin préparé dans les cuiseurs traditionnels en
cuivre. Ce n'est pas une surprise de retrouver ces deux saveurs
très présentes et d'une qualité exceptionnelle
en Pays Horloger. Rième C'est en 1921 que Marcel Alcide Rième lance la Mortuacienne.
Pétillante et légèrement citronnée,
cette limonade réputée désaltère et
a le goût des souvenirs d'enfance. Elle en a aussi
l'aspect avec sa bouteille en verre à bouchon mécanique,
fermée manuellement depuis trois générations. Le respect des traditions artisanales et familiales concerne également
les sirops fabriqués dans l'atelier refait à neuf,
"la siroperie". Pas moins de 32 parfums constituent la
gamme de Rième. Parmi les plus originaux, mirabelle, noisette,
groseille, marron ou myrtille viennent épauler les classiques
orange, citron, menthe bleue ou verte, kiwi ou pamplemousse... < Retour
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